En 2001 si je me souviens bien, j'ai eu le plaisir d'assister à une conférence de Philippe Van Den Bulke. Ce qu'il a dit ce jour là m'a permis de me sortir d'une situation plutôt pénible le week-end dernier.
Un séminaire à Rome du Mardi au Jeudi, du coup je décide de poursuivre et passer le VSD dans la capitale Italienne. De plus c'est l'anniversaire de ma femme, mon fils, Romain, grand fan du film Gladiator voulait voir le colisée et Julie finir de se convaincre de passer 2 ans ici pour son master.
Le jeudi soir, durant le voyage Madrid-Rome Romain signale à ma femme une "petite douleur" au ventre. Rien d'alarmant. Le soir retrouvailles. Julie arrive de Paris, ma femme et Romain de Madrid et nous allons tous diner (et rigoler) dans une pizzeria non loin du couvent où j'avais réservé (ben oui, plutôt qu'un hôtel, j'avais réservé dans un couvent à 300m de St Pierre de Rome.
Tip top si vous aimez le calme, par contre ce n’est pas « bling bling » donc je déconseille à Nicolas et Carla)
Le vendredi Matin visite de Rome et Romain se plaint à nouveau de son ventre au point que vendredi soir, nous décidons par mesure de précaution de faire venir un médecin dans la chambre. 1/2h d'inspection sous toutes les coutures et le diagnostic tombe: "C'est une gastrite" Ouf on est rassurés...
Romain ne veut pas manger, il reste à la chambre le temps que nous allions diner et chercher du "Gaviscon" (à prendre pendant 5 jours....)
Le lendemain matin, toujours même mal au ventre mais c'est normal puisque le docteur a dit '5 jours de traitement'
Sitôt le petit déjeuner englouti, départ tous les 4 pour le colisée. Visite sympa mais Romain continu de se plaindre. Il est loin d'être mourant mais bon dès que la visite est terminée, il préfère retourner à la chambre pour se reposer... et chatter avec ses copains sur Messenger.
Vers 17:00H nous rentrons à notre tour et je trouve mon Romain avec toujours la même douleur au ventre. Du coup vers 18:00 on décide d'aller dans un hôpital pour consulter. Arrivés aux "urgences", on commence par 45mn d'attente sans avoir pu voir qui que ce soit au milieu d'une quarantaine d'enfants et parents tous en attente de soins "urgents". Dixit les parents, après l’accueil, il y en a pour minimum 4 h d’attente.
A 19:00 je décide d'arrêter la mutation lente vers du grand n’importe quoi…. je m'assure qu'il y a un vol pour Madrid le soir même, retour en taxi à l'hôtel, check out en 2mn départ pour l'aéroport, rachat de tous les tickets et départ pour Madrid a 22:00. A Minuit et demi arrivée à Madrid Barajas, 1/2h plus tard, nous arrivons à l'hôpital Ruber International et dans la minute qui suit notre arrivée des médecins s'occupent de Romain (en fait dès que j'ai eu pu donner mes cartes, Visa, American Express, Master card, 27 pièces d'identités ainsi que le prénom, nom et adresse de l'ensemble des membres de ma famille, animaux familiers compris)
1/2h plus tard, le diagnostic tombe. Appendicite, peut être péritonite vu le nombre de globules blancs, on verra après « l’ouverture »
Romain part tout de suite sur le billard et revient 2h plus tard dans la chambre (avec la ferme intention de rentrer tout de suite à la maison.... ;-) )
Mais ou est le lien avec la conférence de Philippe Van den Bulke ?
Et bien voilà.
Philippe nous avait raconté cette histoire de mutation lente et de seuil de perception. Plutôt que de l'écrire je vous suggère d'aller directement l'écouter en cliquant ici
En fait vous l'aurez compris, la situation a évolué lentement, comme la grenouille qui chauffe doucement dans sa casserole d’eau, tous les indicateurs étaient là pour nous contraindre à relativiser le danger, un bon docteur qui vous assure d’une gastrite, un Romain qui chat avec ses copains, un week-end où on a envie de penser à s’amuser plutôt qu’à résoudre un problème, etc… Tout nous contraignait à rester à l'interieur de notre seuil de perception.
A 19 :00 à l’hôpital de Rome j’ai essayé de me plonger dans la situation comme une grenouille qui tombe dans une casserole d’eau chaude et la réaction a été immédiate. Le danger était là, il fallait absolument fuir cet hôpital et trouver une « vraie » solution, ce qui fut fait avec une fin heureuse.
Je fais souvent cette démarche dans ma vie privée et beaucoup plus souvent dans ma vie professionnelle. Même si tous les indicateurs sont au vert, je me demande si ce que je vois ou ce que j’entends est là pour me conforter dans une situation qui m’emmènerait là où je ne veux pas aller ou si c’est la réalité. Est-ce une mutation lente ? On arrête tout et on analyse froidement. Car « on ne perçoit pas ce à quoi on n’a pas déjà réfléchi »
A Rome, pendant ce week-end, çela m'a peut être permis de sortir d’une situation qui aurait pu être beaucoup plus délicate.
Merci Philippe.
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