J’avais envie de témoigner, à ma manière, sur la Syrie.
J’ai eu le plaisir d’y aller en 2010, au printemps, pour rendre visite à ma fille partie vivre à Damas pour étudier l’arabe et s’imprégner de la culture du moyen orient. Les évènements tragiques, toujours d’actualité, ont précipité son retour au bout de 12 mois.
J’y ai découvert un pays magnifique… Le berceau de l’humanité à Damas, la plus ancienne ville encore habitée au monde, Homs, aujourd'hui quotidiennement sous les bombes et à un jet de pierre du Krak des chevaliers, superbe château fort datant de l’époque des croisades inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, Alep, au nord ouest de la Syrie dont le centre ville est aussi classé au patrimoine mondial de l’humanité sans oublier les célèbres ruines de Palmyre où je garderai le souvenir d’un coucher de soleil admiré en famille et au calme. Il est vrai que la Syrie n’est pas un pays touristique à proprement parlé et que cela permet de le visiter dans son authenticité sans subir des hordes de touristes en tong, appareil photo en bandoulière…
J’ai découvert un peuple accueillant, une culture extraordinairement riche et des Syriens assoiffés d’occident. Je parle des Syriens, du peuple, pas du régime en place.
Je ne voudrais pas trop rentrer dans le débat sur la situation politique actuelle, pas envie, pas mon rôle. J’ai juste la nausée tous les matins lorsque je vois s’affoler le compteur du nombre de morts de la nuit. Que demande ce peuple ? Juste la démocratie et la liberté… D’un point de vue géo-stratégique, la Syrie se trouve malheureusement entre l’Iran et le Liban, et se positionne donc comme un lien naturel qui permet au régime iranien de continuer d’approvisionner le Hezbollah Libanais en moyens financiers et surtout en armes. Plus de démocratie en Syrie risquerait de détruire ce lien et donc de relâcher la pression sur Israël ce que le régime de Téhéran n’est même pas capable d’envisager.
Le cap des 8000 morts, civils, sera malheureusement une réalité dans quelques jours alors que la Russie et la Chine, deux membres du conseil de sécurité de l’ONU continuent d’(ab)user de leur droit de véto pour condamner la résolution du conseil de sécurité de l'ONU visant à écarter du pouvoir le président Bachar al Assad. Je ne pense pas que ce soit pour protéger le régime en place mais plutôt pour éviter de créer un précèdent en donnant à la communauté internationale un droit de regard (ingérence?…) sur un pays même si il viole les principes élémentaires des droits de l’homme. Il est vrai que Mr Poutine n’aimerait pas que la communauté internationale aille regarder de trop prêt ce qu’il fait en Tchétchénie… ce qui est aussi valable pour Mr Hu Jintao au Tibet pour ne donner que 2 exemples…
Je souhaite que le peuple syrien retrouve rapidement la paix. Je pense souvent à ces enfants croisés au hasard des ballades. Que sont ils devenus ? J’ai monté en film quelques photos et vidéos souvenirs avec une belle chanson d’amour en fond sonore en espérant que tout cela vous donnera l’envie d’y aller, sitôt la paix retrouvée.
Inch’Allah.